mardi 29 novembre 2011

La photo du jour, XI

Aujourd'hui, je bosse. Domenichino, Pietro da Cortona, Bernini et j'en passe. J'écrirais donc la suite de mon voyage polonais demain. MAIS je ne pouvais pas laisser passer ça. Ils sont sérieux, les gens, des fois ? Voilà ce que j'ai trouvé à force de recherches google image sur les artistes qu'on étudie en cours :
C'est peut être pas assez explicite qu'il s'agit d'une scène sexuelle et plutôt violente ? Apollon est tout de même en train d'essayer de choper Daphné (et à mon avis c'est pas pour faire une partie de bille) qui se voit transformée en arbre pour échapper à son ravisseur. Enfin bon, c'est vrai, quoi, Gian Lorenzo Bernini, on te l'a jamais dit que ça manquait de fleufleurs et de rôôôse tes sculptures ? Tu fais peur aux gens, quoi !

(bon, j'y retourne !)
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lundi 28 novembre 2011

Voyage au bout du froid

Coucou à tous. Me voilà de retour en terres italiennes, prête à partager avec vous mon aventure en Pologne. Aventure où l'on découvre moultes nouveautés : le froid, les loups, un dragon, un homme-bière, des idées déco made in moyen-âge, des arnaques japonaises et j'en passe. Bienvenue en Pologne, ô lecteur !

Welkome to poland !

JOUR 1, ou le jour où l'on se perd dans le brouillard

Pour rejoindre Cracovie, je me suis acquittée d'un billet d'avion Ryanair pas cher qui décollait à une heure improbable, soit 6h30 du matin. Les bus étant ce qu'ils sont, je partais de Termini pour l'aéroport à 4h30 du matin. Comme le jeudi soir c'était l'anniversaire d'une copine, j'avais décidé de ne pas dormir (tant qu'à faire). Ce qui m'a conduite à un double problème :
- je n'ai jamais pris l'avion seule et je stresse
- je risque d'être un peu dans les vapes et j'ai peur
Heureusement tout s'est bien passé, avec un peu de chance j'ai trouvé les portes d'embarquement, j'ai sonné au portique (?) et on m'a laissé monter dans l'avion après avoir fouillé mon écharpe (??)
Quand l'avion a décollé j'ai trouvé ça extraordinaire. Les maisons, illuminées qui rapetissent jusqu'à ne plus être que des tâches dans la nuit ... Deux minutes après, je dormais profondément.
Je me réveillait par intervalle pour ouvrir le hublot et admirer le paysage de nuages, pour voir le soleil se lever sur cette mer blanche, et pour faire râler le vieux schnock à mes côtés que ce magnifique spectacle dérangeait car il était trop lumineux. Tssss ... y a de ces relous !
Du fond de mon sommeil, j’entends qu'à cause du brouillard nous allons atterrir à Katovice, soit je ne sais pas où. Un bus sera mis à notre disposition pour nous rendre à Cracovie.
Je suis soudain réveillée par un fort tremblement. Inquiète, j'ouvre le hublot : ouf, on ne fait qu'atterrir. J'applaudis bien fort le pilote pour nous avoir tirés de là, même si le vieux schnock me fait remarquer que c'est ridicule.
Passons les détails, j'arrive à Cracovie après une sieste dans le bus, je trouve ma correspondance pour le centre ville, je trouve Adrien, on va poser ma valise. Le froid est saisissant, genre ça pique, ça tire, tout ça . Et on y voit absolument rien : cf. photo ci-dessus, prise de la fenêtre de chez Adri. Jusqu'à 17 heures, on reste au chaud chez lui à discuter pour ne sortir qu'à la nuit noire. Le brouillard est toujours là, juste qu'en plus il fait noir. J'ai perdu tout mes repères.

Équipés contre le froid

Après un peu de bus et un peu de marche, on se retrouve sur la place principale, où le marché de noël est installé. Tout un tas de petites cabanes de bois, reliées entre elles par des guirlandes de (fausses) branches de sapin entremêlées d'ampoules, qui vendent des kitscheries, de la fourrure, des matriochkas, du vin chaud et des saucisses. C'est beaaaaaauuuuuuu ! Ca réchauffe mon petit coeur glacé par la bise des steppes nordiques. Avec la brume, on est en pleine magie de noël. L'église principale de la place, elle qui normalement fait de ses deux hautes tours sa principales fierté, a complètement disparu. Je m'attend à voir surgir Mister Jack d'un instant à l'autre.

Noël, noël, le temps des cadeauuuuux !

Esprit kitsh, es-tu là ?

La queue pour les saucisses (ps : il est à peine 17h30)
Je vous ai déjà dit qu'on se croirait dans un disney ?

Malheureusement, le problème de la Pologne quand il y fait froid, c'est qu'on ne peut passer qu'un temps limité à l'extérieur. Au bout d'une certaine durée, les pieds sont congelés, les cuisses absolument glacées et un stalactite s'est formé sur le bout du nez. C'est à ce moment là qu'on se réfugie dans les cafés. Un mal pour un bien, Adrien m’amène dans un somptueux bistrot sur la place du marché où je bois le meilleur chocolat chaud de ma vie. On dirait qu'il ont fait fondre du chocolat, puis ajouté une goutte de lait pour rendre le tout liquide. En plus : la bête porte une magnifique couronne de crème chantilly délicieuse. Bilan : 8000 calories.
Après cet intermède onctueusement délicieux, on se balade dans les rues jusqu'à avoir trop froid et aller manger. La soirée se terminera tranquillement pour nous, avec une visite culturelle dans un bar souterrain, la découverte de diverses boissons locales et un retour à la maison pas trop tard (n'oublions pas que je n'ai dormi que trois heures trente dans un avion la veille).

Suite de l'histoire demain (ou après demain), car j'ai à faire !
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mardi 22 novembre 2011

Karkow, oto jestem !*

* Cracovie, me voilà ! (selon google trad qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre ... c'est comme ça qu'on se retrouve à annoncer, tout sourire, qu'on est "nympho" en voulant dire son signe astrologique. True story.)

Eh oui, je décolle donc pour la Pologne vendredi matin (très trop tôt) pour rendre visite à Adrien, qui fait son stage en entreprise à Cracovie. De la Pologne, je ne connais quasiment rien. Je connais un peu l'histoire récente, et encore, c'est assez flou. Quand je pense à ce pays, je me représente une plaine interminable, avec peu de végétation, une lumière bleuâtre, quelques maisons de paysans au fond à gauche et une cheminée d'usine au fond à droite. Quelque part, un loup hurle à la lune. Bien sûr, je sais que cette vision est due à une absence à peu près totale d'images mentales du pays. La Pologne ne peut pas se résumer à ça. J'ai donc interrogé mon ami google à ce sujet. C'est un jeu très amusant : vous commencez à écrire une phrase, ou une question, dans la barre de recherche de google, qui la complète tout seul avec les recherches les plus fréquentes. C'est un peu l'avis de Monsieur et Madame tout le monde à portée de clic. Sur gentlemec, un magazine pour les garçons, il y a un journaliste qui en a fait sa rubrique hebdomadaire. Allez voir, c'est rigolo.




Bon bon bon. Je résume donc : vendredi, je m'envole pour le trou du cul du monde pour rencontrer des beaux gosses un peu fasho où mais je vais m'éclater. C'est google qui le dit. Enfin, quand même, elle est où la Pologne riante ?
Ouf, Wikipédia est là pour m'apprendre qu'à Cracovie, on mange des bagels, qu'environ 200 000 touristes s'y rendent chaque année, qu'on y trouve la plus grande place médiévale d'europe, que c'est une cité où vivent de nombreux artistes et où fleurissent les théâtres, que c'est la plus grande ville universitaire de Pologne ... Bref il semblerait que ce pays ait besoin d'être revalorisé dans l'imaginaire collectif (du moins dans le mien), et ce sera ma mission à mon retour ! En attendant, pas d'article jusqu'à au moins lundi, je vais essayer de bosser pour compenser le weekend de vacances qui m'attend. A très vite !
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dimanche 20 novembre 2011

Culturons-nous touzensemble



Et si on se cultivait tous ensemble, hum ? A Rome, je suis un cours d'histoire de l'art moderne et on doit visiter 5 églises de notre choix pour les étudier minutieusement. S'ajoutent à celles-là d'autres lieux de culte dont nous faisons régulièrement des visites guidées avec l'assistant de notre professeur (ben oui, c'est le samedi matin, monsieur le prof envoie son assistant). Je me suis dit que le blog serait aujourd'hui l'occasion de mélanger étude et plaisir : tout en cherchant des informations sur mon église, je vous compose un petit article culturel (avec quelques blagues, si possible, pour détendre l'atmosphère), je travaille mais c'est rigolo.

Je vous présente donc l'église de San Francisco a Ripa, ce qui signifie en français Saint François sur la rive. L'édifice se situe dans le trastevere, près du fleuve (nooon ?), où l'on a le bonheur de se perdre avec Manon en cherchant la dite église. Comme quoi parfois, rater son arrêt de bus a du bon. Cette partie du trast' n'est pas vraiment touristique, elle n'en est pas moins magnifique : on a envie de signer tout de suite un bail pour y vivre. 

Mais ... où sont encore passées mes clés ??

On arrive donc presque par hasard sur une petite place où sont garées quelques voitures, ornées de plantes en pot (en plastique). Nous voilà donc place Saint François d'Assises (San Francisco d'Assisi), à qui l'église est dédiée depuis 1229. Le bâtiment auquel nous faisons face existe depuis le XI ème siècle, cependant, celui-ci a été complètement remaniée au XVIIème siècle par l'architecte Onorio Longhi (intérieur) et par un certain Mattia de Rossi (façade).
Eh ben moi, les mecs, je vous dit pas chapeau. Bon, la façade ça passe plus ou moins, et encore, faut aimer le orange. C'est pas exceptionnel, voire même un peu banal (surtout dans une ville qui compte 452 églises). Mais alors l'intérieur. Sérieusement. C'est quoi cet autel ? Y a un concours de l'autel le plus laid de l'histoire de l'humanité avec des prix sympas à gagner comme un voyage à Tahiti ? J'ai rarement vu un truc aussi atroce. Mais laissez moi vous montrer quelques photos, de la façade et de l'intérieur, qu'on comprenne un peu mieux.

Vous remarquerez derrière la vitre la décoration de Noël en forme d'étoile filante. De bon goût, toujours.
Vous ne distinguez rien ? C'est normal, il y en a TROP
Entre les anges en or qui soutiennent la table, les rideaux de velours pesants et à motifs, les plantes vertes qui ont l'air en plastique, la dentelle, la juxtaposition des différents marbres, les statues si nombreuses qu'on se croirait dans le métro B à 17h, les cierges et la vierge que je vous ai épargnés sur la photo mais qui se situent juste à gauche + l'énorme instrument genre piano sur la droite (pareil, hors champ), on se sent mal dans cette église. Et les pries dieu en cuir rembourré n'y changeront rien. Je commence à me demander pourquoi cette église est sur la liste quand je me rappelle qu'elle abrite une œuvre du Bernini ! Malheureusement, comme l'église est en rénovation nous ne pouvons la regarder qu'à travers une vitre sale sur laquelle est écrit en gros "NO FOTO" Je suis très très déçue. 


photo issue du wikipédia italien de l'église : http://it.wikipedia.org/wiki/File:Blessed_Ludovica_Albertoni.jpg

Cette statue, intitulée Extase de Ludovica Albertoni, est réalisée par le Bernin entre 1671 et 1675. Pour la petite histoire, Ludovica (née en 1474) était fille d'une famille de riches romains. Après la mort de son père elle est élevée par sa mémé et ses tatas qui la marieront contre son gré à un homme qui mourra 12 ans après (bien fait pour lui). Il aura tout de même le temps de lui faire 3 enfants, uniquement des filles (à l'époque, les boules. A quoi ça sert, franchement, les gonzesses ?). Après la mort de son mari, Ludovica, qui est enfin un peu tranquille, décide d'entrer dans les ordres et de consacrer sa vie à prier, faire pénitence et aider les pauvres. Elle rejoins le tiers ordre franciscain et fréquente assidûment l'église de San Francesco a Ripa. Lors du sac de Rome, elle acquiert le surnom de "mère des pauvres". C'est la grande classe. Il paraît qu'elle se met à faire un peu de lévitation pour fêter ça (c'est Wikipédia qui le dit), mais l'info n'est pas très claire. Malheureusement, sa vie passée en dévotion à Dieu et aux démunis abime sa santé, et la pieuse femme meurt le 31 janvier 1533 et est enterrée, selon ses voeux, dans la chapelle Sainte Anne de San Francesco a Ripa.
En 1671, elle est béatifiée par le pape Clément X qui commande pour l'occasion une sculpture de la Sainte au Bernin. Celui-ci la représente, au moment de sa mort, dans un état extatique, très similaire à celui d'une autre de ses représentations de Sainte dont je vous avait parlé au début de ce blog, celui de Sainte Thérèse. Pour rappel, la définition de l'extase selon le Trésor :

1- État particulier dans lequel une personne, se trouvant comme transportée hors d'elle-même, est soustraite aux modalités du monde sensible en découvrant par une sorte d'illumination certaines révélations du monde intelligible, ou en participant à l'expérience d'une identification, d'une union avec une réalité transcendante, essentielle.
RELIG. État particulier d'une personne en union intime avec la divinité; élan religieux, transport mystique.
P. anal. Enchantement, ravissement d'admiration, de joie.
PSYCHOL. ,,Sentiment intense et ineffable paraissant correspondre à une joie indicible teintée d'angoisse, qui fige le sujet dans une immobilité presque complète.


D'où les fréquentes interrogations sur ce que représente vraiment cette statue archi-sensuelle : l'extase comme moment religieux ou une joie d'origine inconnue ? On peut déblatérer longtemps. Moi, ce que j'aime chez le Bernin, c'est l’extrême expressivité de ses œuvres, et l'ambiguïté des sentiments qu'il s'exprime. Je suis servie.

Que dire d'autre de cette église ? Pas grand chose. Je conclus que l'intérieur est moche, que la façade est bof, mais que la sculpture du Bernin et sa petite histoire m'ont bien fait kiffer.


Merci à ce blog, wikipédia et google images de m'avoir aidé dans mes recherches.
S'il reste encore un lecteur vivant, merci pour votre attention et n'oubliez de faire vos devoirs pour la semaine prochaine.


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