mardi 8 novembre 2011

La photo du jour, IX


Encore une pub que je ne comprend pas. Celle-là, placardée sur tout les trams de Rome, vous propose une denture de rêve, qui coûte un bras, pour pouvoir rire à gorge déployée comme la madame sur la photo. Non mais sérieux ? Les dents du haut passent encore, mais celles d'en bas ?! Franchement, je sais pas. Je suis confuse. Je pense que si vous êtes mannequin "dents" ou que vous savez retouchez les photos publicitaire, il y a du travail pour vous en Italie.
Sur ce, bon début de semaine.
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dimanche 6 novembre 2011

lol, ptdr, mdr !!



Aujourd'hui ma proprio a apporté ces petits papiers avec des blagues en italien. Je me suis dit que comme c'est dimanche, qu'il pleut à Rome, dans toute l’Italie et dans une grande partie de la France, c'était l'occasion de se rouler dans un plaid et de se plier de rire. Enfin, pour moi c'est surtout un exercice de langue et l'occasion de découvrir quelles sont les jeux de mots ou les ficelles de l'humour de comptoir italien. Traduction de gauche à droite de haut en bas : 
1- Si à la saint laurent tombent des étoiles, à la saint daniel il tombe du jambon* ?
* il prosciuto di San Daniele est un type de jambon, et la saint Laurent ou San Lorenzo c'est le 10 aout.
2- "-Tu fais quoi pour Noël ? - J’emmène ma femme aux Caraïbes." "-Et pour Pâques ? -Je retourne la chercher." 
3- Deux fantômes discutent : "-J'ai entendu un bruit !" "- Tu vas pas me dire que tu crois aux humains !" 
4- J'ai trouvé comment manger des œufs de Pâques toute l'année : j'ai appelé ma poule Pâques.
5- Ma femme et moi avons été heureux pendant vingt ans. Après ? on s'est rencontrés.
6- Quel est le comble pour un glacier ? Prendre une décision à chaud.

Maintenant que vous êtes morts de rire, je peux vous souhaiter un bon dimanche du fond de mon lit encombré de mouchoirs, un vin chaud à la main et les pieds sous la couverture.

(et comme dirait mon coloc sur un ton de confidence : en fait elles sont nulles, ces blagues, hein)

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samedi 5 novembre 2011

Nouvelles du front

Dépêche spéciale en provenance de la Sapienza, université de Rome, où le soldat Lucie, en mission spéciale, tente sans relâche d'obtenir les informations suffisantes pour atteindre son objectif, connu sous le nom de code d'"emploi du temps". Malgré l'aspect labyrinthique des couloirs, la propreté toute relative des toilettes, la capacité extraordinaire des autochtones à crypter l'information et à la cacher dans des lieux toujours plus absurdes, le soldat Lucie ne renonce pas et reste à l'affût.



Il était temps que je parle un peu de la fac ici. C'est un peu le plus gros défi de l'année erasmus : trouver sa voie à travers les méandres de l'université, et pour ça, il y a différents niveaux de difficulté. Niveau 1, easy, tu vas en Angleterre, ou dans un pays où la fac coûte très cher, et du coup, c'est plutôt bien organisé, on t'aide et tout. Niveau 2, intermediate, tu vas en France. C'est un peu compliqué, on joue avec tes nerfs, mais il existe encore un principe très simple, le "tableau d'affichage" qui est là pour te tenir la main. Niveau 3, hard core, tu vas en Italie.Panneaux d'affichage cachés, secrétariats compliqués, informations contradictoires ...
Par exemple, pour trouver mon premier emploi du temps (qui changeras une semaine après) : 
je suis allée au bâtiment "Lettere, Filosofia Scienze Umanistiche e Studi Orientali", 
je suis montée au troisième étage, 
j'ai demandé à un bureau où était affiché l'emploi du temps,
on m'a un peu envoyé balader, le tout agrémenté de vagues indications du bout (mou) du bras,
j'ai suivi ces indications, 
j'ai pas trouvé,
j'ai cherché le bureau de mon tuteur, 
j'ai trouvé, 
j'ai attendu une demi heure,
il m'a dit de revenir à 17 heures,
je suis revenue à 17h,
j'ai attendu 1h,
je me suis endormie, 
je me suis réveillée en sursaut, il était très gentil, il m'a montré où consulter l'emploi du temps,
je me suis fait un emploi du temps, j'étais contente.
Naïve, je criais victoire avant d'avoir seulement commencé. Après ça, j'ai été aux cours, et j'ai rencontré une foule de problèmes : le cours où je comprends rien (pourquoi on parle pendant une heure de la conception de la narration chez un philosophe que je ne connais pas et dont le prof n'a même pas donné les dates ou au moins le siècle ?), le cours où y a plus de places assises (j'ai déjà donné en première année, prendre des notes par terre collée contre des gens qui disparaîtrons dans un semestre), le cours qui fait 12 crédits (parfait !) mais qui se suit sur un an (pourquoi préciser ? ah mais pardon, c'est écrit là, en minuscule) et donc ne fait plus que 6 crédits le semestre, le cours où on parle d'un cheval (??) peint dans une église quelque part à Rome par quelqu'un je sais pas quand, le cours de latin où on doit lire L'art poétique d'Horace en V.O. du Ier siècle avant J.C., etc, etc.
Bref, j'ai du mal avec la fac pour le moment. En plus, c'est assez différent d'en France. L'ambiance est très très sage en cours, tu te permets pas trop de faire une blague à ta voisine ni de poser une question, car personne ne le fait ! On est assez nombreux, les gens se connaissent entre eux mais j'ai du mal à me lier : il faut dire que l'assiduité n'est vraiment pas obligatoire, et donc je ne revois pas souvent les même personnes. Les cours sont tout de même intéressants mais le niveau de langue est difficile : genre les poèmes écrit en italien vulgaire du XVI ème siècle c'est pas ce que j'ai connu de plus simple. Mais bon, je vais y arriver, je n'ai pas le choix. 


Et voici ci-dessus la statue de Minerve, qu'on ne doit pas regarder dans les yeux sous peine de ne pas avoir sa licence. Évidemment je l'ai regardée dès mon premier jour à l'université et tout les jours d'après quand je passe devant. C'est peut être de là, que vient le problème ...
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mercredi 2 novembre 2011

Il Buco di Roma*

* le trou de Rome, littéralement.

Quand Carmen est venue me voir, on a escaladé toute les deux une des collines de Rome pour jeter un regard indiscret à travers un fameux trou de serrure, d'où, paraît-il, on a une vue assez originale sur la ville. Après une courte montée, nous voilà donc en haut. On commence par visiter l'église, où se déroule un mariage. On ne regarde donc que de l'extérieur, mais c'est magnifique : la nef, déjà très belle, est parsemée d'une myriade de fleurs blanches. 
On croise un groupe de moines-touristes armés de Nikon reflex qui pendent sur leur soutane. J'adore ça à Rome, ce décalage entre vêtements traditionnels, inchangés, qui semblent venir du passé, et les accessoires qui trahissent l'époque : les bonnes sœurs en baskets Quechua ou en veste adidas, les prêtres avec leur mp3 dans le bus.
Enfin bon, on est pas venues pour commenter l'équipement numérique des religieux donc on s'approche nous aussi du trou de serrure où l'on plaque un œil.

image trouvée sur : http://www.fotocommunity.it/pc/pc/display/16420394
(pour moi c'était impossible de réussir une photo)

C'est vraiment magique : là, au bout d'une allée de verdure, comme à portée de main, c'est San Pietro, le Vatican ... Wahou. Enfin, on reste pas trop longtemps à regarder, parce qu'il ya la queue derrière.

Par contre, j'ai été assez choquée par certains touristes : avant même de regarder dans le trou de serrure, ils y mettaient leur appareil et prenaient en photo l'intérieur ... sans même savoir ce qu'on y voyait !!
Déjà que d'une manière générale, je trouve ridicule ces touristes qui ne regardent plus les villes que sur l'écran de leur appareil numérique avec lequel ils font 2512 photos ratées en 3 jours pour ne jamais les imprimer et ne jamais les re-regarder (ça sert juste à ennuyer leurs amis/famille au retour), alors là, j'étais scotchée. Enfin quand même, partir en vacances, faire du tourisme, voir un musée, c'est avant tout pour vivre quelque chose, pas uniquement pour ramener des photos, non ? Pour ma part, je prends en photo ce qui me touche, ce qui m'intéresse, et je sais pourquoi je le prends en photo. Bref, le coup de gueule du jour est poussé, quoique, non, arrêtez aussi avec le flash svp. Ca rend les photos moches, ça écrase les couleurs : ok pour l'utiliser de temps en temps quand c'est nécessaire, mais pas à tout bout de champ. Sérieux quand tu visite le musée Vatican tu te croirais en boite de night avec les stroboscopes tellement y de flashs. Fin de la parenthèse.

Mais que faire après avoir regardé dans le trou de serrure ? Eh bien, aller profiter des jardins qui avoisinent la basilique. Là, on peut admirer la vue sur Rome dans son intégralité : on voit le palais Vittorio Emanuelle II, le Vatican, le Trastevere ... C'est très beau, et très romantique (d'ailleurs c'est blindé d'amoureux qui se roulent des pelles). 
Deux touristes en mode big smile

Un endroit que je recommande donc pour son côté anecdotique, pour avoir l'impression de partager un petit secret, pour le plaisir de jeter un regard indiscret. 
Une belle après midi romaine avec Carmen, qu'on a terminée dans un café du tout proche trastevere (après avoir vu une Smart brûler, les pompiers mettre deux plombes à arriver, les bus de touristes passer à deux pas du machin qui explosait et produisait vraiment beaucoup d'étincelles ... mais c'est une autre histoire.)

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