samedi 25 février 2012

L'école de la rue

Yoooo mec ! Aujourd'hui j'te parle de l'école de la rue, t'as vu. Celle où que t'apprend des vrais trucs, et pas à conjuguer au futur paske d'abord, t'as cru qu'y avait un futur ou quoi ? Espèce de neuneu, c'est la crise, notre génération elle conjugue que au présent tséé ...


Hum, huum, pardon. On la refait :
Bonjour,
J'ai déjà évoqué mes déboires à l'université à diverses reprises. Problèmes administratifs, examens qui se passent plus ou moins bien ...Aujourd'hui, je vous parle d'un aspect essentiel d'erasmus : on en apprend plus dehors qu'à la fac. Premièrement, parce qu'à la fac, on comprend vraiment pas tout. Et deuxièmement, parce qu'on apprend énormément du contact avec l'autre (cuicui). Oui, parce qu'en fait on est pas très différent les uns des autres, on est tous des hooooommes, mais quand même, ces ritals, ils font pleins de trucs bizarres, que nous, les Français, on fait pas.
C'est d'ailleurs mon sujet de conversation préféré quand on fait un truc, même banal, comme regarder les Simpsons : "Et dans ton pays, c'est comment ?" (Marge a-t-elle la voix grave ? Tu regardais quand tu étais petit ? Est ce que tu préfère Homer ou Bart ?)
Petit résumé de ce que j'ai appris in Italia (n'oubliez pas de cliquer sur les liens en rose pour plus de surprises et de blagounettes) :

A me faufiler dans le trafic romain 
Prenant mon courage à deux mains, je me jette à présent à corps perdu au milieu des smarts, des vespas et autres fiat 500, armée d'un regard de killer qui dit "je passe, et pas toi". Il faut savoir qu'à Rome, il n'y a pas toujours de feux pour régler la circulation. Et à certains endroits, c'est assez terrible, comme Piazza Venezia. Le trafic est intense, et pour rejoindre l'altare alla patria, il faut braver le flot nerveux des véhicules.
Certains touristes passent environ 12% de leur séjour plantés sur le trottoir (source : IRSF, Institut Romain de Statistiques Farfelues).
Alors comment faire ? Quand on est un novice, on repère le romain habitué, on se colle à ses basques, et au moindre mouvement de sa part, on suit. Si on est un peu plus averti, on applique une règle simple : si l'automobiliste me voit et est en mesure de ralentir, je traverse, et je le fusille du regard.

A faire la différence entre pizza romaine et pizza napolitaine 
... qui tient dans la pâte. La pâte romaine est fine, croustillante, tandis que la pâte napolitaine est épaisse, moelleuse. Choisissez votre camp ... Perso je me range côté napolitain. De toute façon en Italie, la pâte à pizza, c'est toujours de la folie. Il n'y a pas d'autre mot.

A parler avec les mains 
J'espère que vous allez apprécier l'illustration parce que je me ridiculise un peu, quand même. Surtout que j'ai fait les photos dans ma chambre, sur laquelle tout l'immeuble d'en face à la chance de pouvoir regarder.C'est donc un phénomène bien connu, les italiens parlent avec les mains. Et franchement, c'est vraiment pratique quand on maîtrise mal la langue de Dante. J'ai donc appris à tordre mon visage, mes mains et mes bras dans tous les sens afin d'exprimer une plus large palette d'expressions. Voyez plutôt :

 1) Ma dai ??! est un peu intraduisible. On peut le dire sur un tas de tons différents qui en font varier le sens. Du "sérieuuuux ???" au "tu déconnes ?" au "nooon ?!!" ... Surprise, lassitude, consternation, étonnement ... Un peu difficile à maîtriser mais parfait pour faire genre je parle l'italiano comme une vraie.
Donc on joint les doigts comme pour se faire taper dessus avec une règle, on secoue la main, on choisit une expression de sourcil adaptée au message véhiculé par notre "ma dai" et c'est bon ! 
2) Boh ... Très pratique aussi et très drôle quand on est pas habitué. Le boh exprime l'incertitude. Le je sais pas.
On hausse les épaules, éventuellement on écarte les bras du corps, paumes ouvertes, et on mime l'incompréhension (enfin ça on est pas obligés, mais personnellement, j'ai tendance à sur jouer pour me faire comprendre, en Italie)
3) Le "non mi frega niente" : je m'en fous. J'ai dû l'utiliser genre deux fois, à des fins humoristiques uniquement, je sais pas trop comment il marche vraiment. La première fois où je l'ai testé, c'était à une soirée où on m'a parlé anglais, voyant mes difficultés en italien, et je me suis lancée "Parlo italiano ... io, l'inglese ... [GESTE]", ce qui a fait rire mon auditoire. Good point (ou pas).
Donc il s'agit de frotter une ou deux fois le dos de sa main sous son menton.
Il y en a d'autres aussi, mais un peu plus ... vulgaires. Je ne voudrais pas que ce blog perde sa dimension grand public.

A cuire correctement les pâtes 
Ah, la pasta al dente ! Ici, c'est la norme. Ce qu'en France, on jugerait "cuit" est appelé dans la péninsule "sopracotta", "surcuit". Et c'est inadmissible. Interdit par la loi. Puni par la cour suprême. De décapitation  immédiate.
Reste à définir la notion d'al dente. Encore un peu dure ou carrément croquante ? Tout dépend de qui se trouve derrière les fourneaux. 
C'est comme ça que chez moi, on s'est retrouvés à mener la "guerre de la pasta". Roberto, le compagnon de ma proprio, est plutôt partisan de la pâte en béton, presque crue. Ma proprio, elle, reste fidèle à un al dente conventionnel et fédérateur, tandis moi, je me range plutôt dans la camp de la pasta sopracotta, à laquelle je suis habituée. Du coup quand on mange ensemble, c'est à qui goûtera la pasta en premier pour décider du temps de cuisson. Je tremble encore rien qu'à l'idée de la pasta alla Roberto.


A me méfier du piment 
Quand un italien vous dit "attention, ça pique", vous dites "non merci, je vais plutôt prendre autre chose". Sérieusement. Mon estomac se rappelle encore de cette nuit où nous avons voulu faire les belles du genre "tu m'as pris pour qui ? envoie la pizza au piment !" ... Oui, ben non. Non. Non.
Autre découverte : si vous léchez un piment (ça peut arriver plus vite qu'on ne le pense), ne vous léchez pas les lèvres ensuite. Même si vous vous êtes brossé les dents. Même si une heure s'est écoulée. Encore moins si vous avez les lèvres gercées. Parce que ça pique sa mère.

A ne pas vexer un romain
Avant de venir à Rome, j'ai lu que selon une considération populaire, un romain, c'est un mec dont la famille est née à Rome depuis 7 générations. Arrivée en Italie, moi et mon langage balbutiant on trouvait ça trop drôle de demander aux gens "-Mais ... t'es un romain, mais un romain de Rome ?" ... "Depuis combien de générations ?" ... Heureusement pour moi je n'étais pas en mesure de comprendre la réponse en patois mais vu qu'après la communication était un peu ... difficile, et pas à cause de mon niveau de langue, j'ai conclu que cette question était à éviter. Mais bon, entre nous ... sono pazzi questi romani !


Voilà tout pour aujourd'hui, après six mois passés en Italie (déjàààààààààààà quelle horreur ça passe TROP vite), c'est pas mal non ? On en reparlera dans quelque temps pour voir si ça évolue. Allez, je vais profiter du printemps et des 18° qu'il fait dehors !!  
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3 commentaires:

  1. Je me reconnais dans le parler avec les mains haha ! Surtout le "Bah..." (et le "ma dai ?!" me rappelle mon prof d'Italien du lycée aussi)

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    1. c'est la Sicile qui parle à travers toi sûrement Julie :)

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  2. On ne peut pas lutter contre ses racines que veux tu !

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